dans Etudiants, EVAN, Master 2

La mer et l’Homme l Copenhague

 

– KYSTAGERPARKEN – 

Centre nautique et balnéaire

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Naturel, artificiel

Kystagerparken, est un parc de 24 hectares formant la limite ouest de la baie de Kalveboderne, située au sud du canal portuaire traversant Copenhague.

S’il est le résultat d’une poldérisation, il possède aujourd’hui un caractère naturel avec une végétation basse et dense. C’est cet aspect de friche qui lui confère son identité.

Une rade en friche dans sa partie sud constitue la limite entre Kystagerparken et Lodsparken, un deuxième parc résultant lui aussi d’une poldérisation, composé uniquement d’herbes hautes laissant un horizon dégagé.

Seuil du parc

Nous choisissons de réaliser une promenade construite qui marque l’interaction entre la zone pavillonnaire et le parc. De la même manière qu’un quai, cette intervention fait la transition entre deux milieux et permet de retenir l’eau dans les points de faiblesse topographique du territoire.

En un point de faiblesse majeure, le long de la rade, notre projet se raccroche tel un ponton habité et marque l’interaction entre le parc et la rade.

De nouvelles pratiques du littoral prenant en compte la saisonnalité sont ajoutées. Ainsi, l’intervention est constituée d’un centre nautique et balnéaire comprenant une piscine, un restaurant, un centre d’entraînement d’aviron avec un bassin intérieur, une fosse de plongée et une station de police maritime.

Caisson habité

Le projet est pensé comme une masse posée en équilibre sur différents volumes et libérant des espaces vides sous celui-ci.

Le caisson supérieur est en béton teinté dans la masse, à l’extérieur comme à l’intérieur, dans une volonté de laisser apparente la structure, le gros-œuvre.

Le rez-de-chaussée, quant à lui, fait référence à la menuiserie, au second-œuvre.
Les matériaux utilisés sont l’aluminium et la céramique blanche irisée. Ceux-ci dialoguent avec l’environnement en réfléchissant leur aspect changeant et en conférant à l’espace une identité immatérielle, abstraite.

Ainsi, le flottement du caisson à 2.80m du sol crée un cadrage horizontal sur le paysage proche, la rade, et le paysage lointain, la mer. L’absence de porteurs verticaux et la mise en place de baies escamotables estompe la limite entre l’intérieur et l’extérieur. Les usagers sont plongés dans un espace abstrait (paysage).

Ainsi le caisson délimite un périmètre habité.

Des usages séquencés.

Sur l’ensemble de la rade, une lecture de la bathymétrie et une interprétation du paysage nous a amené à séquencer les accès à la rade de manière à éviter les conflits d’usages.

Le restaurant est un espace de pause sur l’ensemble de la promenade et marque l’amorce du ponton.
La piscine s’ouvre sur la rade au sud au moyen d’un solarium.

L’espace de nage dans la rade mis à disposition pour la piscine est délimité par une passerelle. Celle-ci permet de relier une plage existante sur Lodsparken à une nouvelle plage publique crée le long de la rade. Cette nouvelle plage est intériorisée par l’implantation du club d’aviron.

A l’Est de la rade et en contact direct avec la baie et le canal de dragage, l’arrivée des bateaux bus ainsi que le départ des bateaux de police sont rendus possibles.

 

– AMAGER – 
Centre de conservation numérique et physique, lieu de retraite

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Les terres de Kalvebod Faelled, sur l’île d’Amager composent la limite Est de la baie de Kalveboderne. Celles-ci sont le résultat d’un ensablement effectué durant la seconde guerre mondiale. Au sein de ce vaste territoire de deux-mille hectares, une partie aujourd’hui classée Natura 2000 est le refuge de nombreux oiseaux et espèces profitant d’un écosystème spécifique aux zones humides. Le reste du territoire est ouvert au public depuis 2010 et accueille de nombreux promeneurs à l’échelle de la capitale. La figure majeure de ce territoire est la digue carrossable qui encercle Kalvebod Faelled et traverse deux milieux et deux eaux.

Sanctuaire et refuge

Dans la perspective d’une montée des eaux agissant sur un territoire mutable, le programme imaginé correspond au mouvement de repli, d’attente et d’observation. L’hybridation de deux programmes (data-center, laboratoires de recherche) donne au bâtiment son identité de sanctuaire, physique et numériques.

C’est un lieu de d’échange et de transmissions de connaissances. Cette tour devient alors un lieu de retraite pour les chercheurs, étudiants et tout autre personne souhaitant vivre une expérience unique.

Data Center vertical

Le projet affirme dans son implantation une emprise au sol limitée, de manière à altérer le moins possible le territoire fragile sur lequel il s’ancre. Il occupe une emprise carrés limitée à 25 m de côté.

Le principe constructif s’apparente à la simplicité de composition des espaces.

Un couronnement en béton coulé sur place permet d’ancrer le projet dans son territoire, tel un pieu. Dans sa partie la plus basse, il permet de mettre hors d’eau le reste de l’édifice. Dans le reste de l’édifice, il comprend dans son épaisseur les espaces techniques et les circulations verticales.
Une structure métallique légère est agrafée sur le pourtour de cette couronne et supporte les baies de stockage numérique, dont les planchers en caillebotis permettent d’assurer une ventilation permanente en free-cooling. Cette épaisseur sert à réguler la thermique intérieure du bâtiment, à la manière d’une isolation extérieure.

Le centre du projet est habité au moyen d’un plancher caisson dont les charges sont réparties sur les quatre côtés du couronnement porteur en béton. Depuis ces espaces intérieurs, des cadrages sur le paysage proche et lointain sont obtenus sur les différents côtés.

Le monolithe noir

Tel le monolithe de Stanley Kubrick dans «2001 l’Odyssée de l’espace», cette tour est d’abord un objet intriguant mais doué d’un grand pouvoir de séduction visuelle. Elle attire autant qu’elle inquiète.
Le chemin de l’air façonne le volume au point d’entrée et de sortie de l’air du data-center vertical à travers un creusement de son pourtour.

Points de contact

Deux dispositifs permettent de parvenir au monolithe. La passerelle carrossable permet le franchissement depuis la digue, un escalier creusé dans la masse permet d’accéder au sol d’Amager.

De la même manière que la passerelle est désaxée du plan et semble avoir été rajoutée dans un deuxième second temps, l’escalier permettant d’accéder au foyer sort de toute logique de composition géométrique du reste du projet.

 

S. Grédiac, L. Lacrocq , A. Rouchet, D. Savitchev