dans Etudiants, EVAN, Master 2

Retour à la terre | Clermont-Ferrand

Thibaut Dury, Anthony Primpier


Biodiversité | Appauvrissement d’une richesse

Carte des paysages_Auvergne

À côté des emblèmes régionaux que constituent les grands massifs volcaniques, l’Auvergne est riche de situations paysagères variées, souvent contrastées. Des volcans aux plaines, il subsiste quantité de régions intermédiaires, qui méritent une identification approfondie, afin de mettre en évidence des qualités qui doivent demeurer des points d’appui pour les projets de territoires, les aménagements contemporains. La carte des familles propose ainsi neuf catégories, pour distinguer les grands types de paysages que l’on rencontre en Auvergne de par leurs critères topographiques et écologiques. Chaque famille se décompose ensuite en une variété de paysages, soit 53 au total.

Selon une première constatation publiée dans « La Liste rouge de la flore vasculaire d’Auvergne », 28% de la flore régionale seraient menacés. Cependant, une étude récente plus précise, établit que 40% de la flore vasculaire du Massif central serait en péril, souffrant de l’urbanisation et des techniques agricoles. Ces données constituent des marqueurs environnementaux qui permettent de mieux comprendre les évolutions de la flore. Le changement climatique, l’urbanisation à outrance ou l’abandon de certaines pratiques agricoles comme la jachère fleurie contribuent à limiter la biodiversité.

Sarliève Nord | Territoire d’enjeux

axonométries éclatées_cournon

Inconscience

L’intérêt porté à cette situation relève premièrement de son statut actuel de « césure en danger », puisque ces terres naturelles du nord de la plaine de Sarliève font l’objet d’une spéculation de la part du Grand Clermont. Les politiques souhaitent développer une extension commerciale et industrielle permettant de lier les deux zones de même fonction : celle d’Aubière au nord et de Cournon au sud. C’est donc dans une volonté de protection et de préservation de cette césure naturelle que le choix pour cette situation s’est effectué.

Paysage

Cette situation se place entre deux entités paysagères majeures, à savoir, le Puy d’Anzelle à l’est (Plaine de la Limagne) et le Puy d’Aubière, à l’ouest (Chaîne des Puys). Elle est également traversée par un réseau hydrographique important, marquant la fertilité des sols et leur usages principalement agricoles, entraînant également la création d’un riche dessin parcellaire. Ce territoire possède de plus les capacités à devenir un potentiel corridor écologique, puisqu’il est qualifié de Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Floristique et Faunistique 1 et 2 (ZNIEFF, en particulier pour certaines espèces d’arbres, de fleurs et également d’oiseaux) et possède plusieurs zones Natura 2000, principalement sur ses deux Puys. Il s’agira alors de résoudre la problématique des porosités visuelles et physiques imposées par les infrastructures, puisque ce territoire est découpé selon 3 axes majeurs : la voie rapide, l’autoroute et la voie ferrée, qui empêchent également la connexion de tout un réseau de sentiers de randonnées pédestres et cyclables. Enfin, cette zone comporte également dans son environnement proche divers grands équipements publics (Zénith D’Auvergne, Cinédôme, etc.) et sa situation d’entrée principale sud de la capitale auvergnate en fait le lieu parfait pour implanter un équipement et un aménagement public d’importance, reflet du territoire clermontois.

Jardin botanique & parc agro-urbain | étudier, diversifier, valoriser

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Jardin botanique

D’une surface d’un hectare et demi, coincé entre les murs d’enceintes des industries Michelin au nord de la ville, le jardin botanique actuel de Clermont-Ferrand manque clairement de lisibilité.

Profitant d’une superficie de neuf hectares, le jardin botanique se développe en lisière du tissu industriel et commercial d’Aubière, comme un support à la reconversion de ces parcelles. Il rétablit un lien entre tissu bâti et terres agricoles.

Agriculture

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Pour que puisse perdurer l’agriculture présente sur le site, une diversification de sa production est indispensable. La partie ouest du site, dont le parcellaire est plus morcelé permet la mise en place de cultures maraîchères sur onze hectares ainsi que la création d’une quarantaine d’emplois. De la vigne est plantée sur l’unique pente du site, elle fait écho aux cultures existantes sur les coteaux d’Aubière aujourd’hui grandement disparues.

En outre, la culture du chanvre est introduite de manière expérimentale, en lien avec le Centre de recherches, en rotation avec les trois cultures déjà en place : l’orge, le blé et le maïs. Le chanvre possède les atouts de pousser durant les périodes où les terres sont au repos entre deux cultures céréalières. Cependant, il enrichit le sol, sans nécessiter d’engrais et sa croissance rapide ne bouscule pas le calendrier des céréaliers. Sa récolte permet de fabriquer notamment de l’isolant et des bétons végétaux, dont la transformation sera assurée dans les ateliers du Centre de recherches. Les résidus peuvent être valorisés par compostage et méthanisation, de nouveau réalisés sur site par le biais du Pôle de valorisation des déchets organiques et minéraux. Modèle à expérimenter et à favoriser, l’introduction du chanvre dans les rotations céréalières procure de nombreux atouts dont les agriculteurs de la plaine de la Limagne pourront s’inspirer à terme.

 

Programmes architecturaux

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Ferme pédagogique + foyer de réinsertion, chai viticole 

Le diversification de l’agriculture s’appuie en partie sur la présence d’une unique ferme sur le site. A l’instar du jardin botanique, la ferme s’attache à communiquer et à sensibiliser le public sur ses activités. Le développement de l’activité contribue à la création d’emplois gérés sous contrat de réinsertion par le travail. Un foyer de travailleurs est alors implanté à proximité de la ferme, en lisière des espaces cultivés.

La réintroduction de la vigne sur le site s’accompagne par la création d’un chai viticole en lien direct avec la ferme pédagogique, partageant le même parvis.

 

Pôle de valorisation des déchets minéraux et organiques

Le pôle de valorisation des déchets minéraux et organiques s’implante au sud-est du site, en lisière des entreprises existantes mais également dans une zone ne comprenant pas d’habitat et qui ne pourra pas non plus en accueillir à l’avenir de par les périmètres qu’implique une telle installation.

Il produira du compost destiné au parc, au jardin botanique, aux particuliers mais également aux agriculteurs voisins de la Plaine de la Limagne.

La plateforme de concassage, permettra de l’approvisionner la centrale à béton existante, de produire de la grave pour réaliser et entretenir les cheminements, mais également des graves de tailles différentes soit destinées à l’expérimentation dans le domaine de la construction, soit destinées à la réalisation de mobilier (gabions par ex.).

 

Marché couvert + marché de demi-gros

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Le marché couvert est témoin de la stratégie de reconversion urbaine opérée sur le tissu de Sarliève Nord. Le prolongement du tramway constitue une épine dorsale sur laquelle des parcours piétons transversaux viennent se tisser jusqu’au jardin botanique, et par extension le parc agro-urbain. Implanté le long d’un parcours piéton, le marché constitue un seuil au jardin botanique, le prolongement de ses activités sur la place attenante créant un point d’intensité sur le parcours.

Le marché est également témoin de la diversité agricole développée sur les terres de la plaine de Sarliève. Il proposera et valorisera les produits issus des cultures maraîchères, viticoles et céréalières du site, mais également du terroir auvergnat.

Son implantation s’effectue en deux temps, en relation avec la constitution d’un tissu plus urbain et plus mixte avec l’apport de logements. Dans l’immédiat, le marché de demi-gros est implanté sur la partie est de la parcelle, visible directement et accessible rapidement depuis l’autoroute. Dans un temps à moyen terme, le marché couvert s’implante en extension du marché de demi-gros, à l’ouest, le parvis constituant une accroche au jardin botanique dans la continuité d’un parcours piéton axé nord/sud.

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En termes d’écriture architecturale, les édifices s’inspirent de l’archétype de la grange par le travail de fermes et de planchers en bois apparents, alors que le parement en pisé vient signifier les rez-de-chaussée et les usages commerciaux qui s’y déroulent. La façade ouest du marché couvert, faisant face à la place, possède une ligne de rive brisée apportant une dynamique vers le jardin botanique.

 

Centre de recherches biodiversité + ateliers pédagogiques, d’expérimentation et de transformation

plan RDC_CR

Le Centre de recherches mêle à la fois expérimentation et pédagogie. Il s’intéresse à l’étude de la flore locale auvergnate et sa capacité ou non à faire face aux changements climatiques. Pour cela des cultures expérimentales pleine terre sont associées à des cultures sous serre positionnées au dernier étage.

A travers le jardin botanique, les cultures expérimentales, ses espaces d’exposition et ses salles pédagogiques, il sensibilise le promeneur en rendant visible son travail. Les ateliers de transformation constitue une vaste halle d’expérimentation pour les laborantins autour des matériaux biosourcés (pisé, chanvre, bétons et isolants végétaux) mais également un espace de travail pour la fabrication de mobilier ou d’équipements à partir des matières premières produites par Pôle de valorisation des déchets organiques et minéraux.

axo structure CR

Le plan fonctionne par opposition. Un façade épaisse en pisé à l’Ouest et au Nord contribue à conférer l’aspect introspectif du Centre de recherches, alors qu’au Sud et à l’Est, une façade légère en structure bois ouvre les espaces sur les cultures expérimentales et le parc botanique qu’il gère.